TDAH et addictions : comprendre le lien et les mécanismes en jeu

Le TDAH est souvent associé, dans l'imaginaire collectif, à un manque d'attention ou à une personne qui aurait simplement des difficultés à rester concentrée.
En réalité, le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité est beaucoup plus complexe.
Il peut influencer l'attention, l'impulsivité, l'organisation, la gestion des émotions et la manière dont une personne recherche la stimulation ou gère certaines frustrations.
Chez certains adultes présentant un TDAH, des conduites addictives peuvent également être présentes.
Cela ne signifie évidemment pas que toutes les personnes ayant un TDAH développeront une addiction.
Mais comprendre ce lien peut permettre de mieux comprendre certains comportements qui semblent parfois difficiles à contrôler.
Qu'est-ce que le TDAH ?
Le TDAH signifie trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité.
Il s'agit d'un trouble du neurodéveloppement. Chez l'adulte, il peut notamment se manifester par des difficultés d'attention, une tendance à l'impulsivité et, chez certaines personnes, on trouve aussi une hyperactivité ou une agitation interne.
La Haute Autorité de Santé précise que les manifestations du TDAH adulte peuvent être différentes de celles observées chez l'enfant. Le trouble peut notamment s'accompagner de difficultés émotionnelles, de troubles du sommeil, d'anxiété, de troubles de l'humeur ou encore de troubles addictifs.
Le TDAH n'est donc pas simplement une difficulté à « se concentrer ».
Il peut toucher différentes dimensions de la vie quotidienne.
Comment le TDAH peut-il se manifester chez l'adulte ?
Chaque personne est différente, mais certaines difficultés peuvent être particulièrement présentes.
par exemple :
avoir du mal à rester concentré sur une tâche peu stimulante
commencer beaucoup de choses sans toujours les terminer
avoir tendance à remettre certaines tâches à plus tard
être facilement distrait
agir ou parler de manière impulsive
rechercher régulièrement de la nouveauté ou de la stimulation
avoir du mal à gérer certaines émotions intenses
ressentir une agitation intérieure importante
avoir des difficultés d'organisation ou de gestion du temps.
Certaines personnes ont également développé, au fil des années, des stratégies de compensation qui masquent une partie de leurs difficultés.
Le diagnostic du TDAH ne repose donc pas sur quelques symptômes isolés.
Il nécessite une évaluation clinique réalisée par un professionnel compétent.
TDAH et addictions : existe-t-il un lien ?
Oui, les recherches montrent une association entre TDAH et troubles liés à l'usage de substances.
La HAS - Haute Autorité de Santé - indique que les troubles addictifs et les troubles liés à l'usage de substances sont fréquemment associés au TDAH chez l'adulte.
Des études épidémiologiques ont également retrouvé une association entre les symptômes du TDAH et différents troubles liés à l'usage de substances, notamment l'alcool, le cannabis, le tabac ou d'autres substances.
Il est cependant essentiel de ne pas transformer cette association en causalité.
Avoir Un TDAH ne veut pas dire que l'on souffrira d'addiction et inversement, souffrir d'addictions ne veut pas dire pas que l'on a un TDAH.
Il s'agit de deux problématiques qui peuvent, parfois, se rencontrer et qui méritent dans ce cas là, d'être prises en compte ensemble.
L'addiction constitue-t-elle une stratégie d'apaisement ?
Une addiction est une manière de réguler une émotion ou un état intérieur. Elle ne saurait se réduire à un comportement que l'on répète malgré soi.
Certaines personnes consomment pour ne plus penser, pour se détendre. D'autres sont à la recherche d'une stimulation lorsqu'elles ressentent de l'ennui ou un manque d'énergie.
Il n'y a pas forcément consommation de substances : les jeux d'argent, jeux vidéo ou certaines conduites compulsives sont aussi des addictions.
La HAS distingue notamment les consommations de substances psychoactives des pratiques sans produit et recommande de considérer les conduites addictives dans leur diversité.
Dans tous les cas, il est intéressant de se demander si l'on est concerné par ce sujet ce que ce comportement qui a été adopté apporte sur le moment. Se poser cette question ne revient pas à justifier l'addiction mais permet de poser les premeires bases pour comprendre sa fonction.
Quand le cerveau recherche une récompense immédiate
Notre cerveau apprend en permanence. Lorsqu'un comportement nous procure rapidement quelque chose d'agréable - du plaisir, du soulagement, de l'apaisement, de l'excitation ou simplement la sensation de sortir de l'ennui — il peut enregistrer cette expérience comme quelque chose à reproduire. C'est un mécanisme normal. Nous apprenons ainsi à rechercher ce qui nous fait du bien. Le problème apparaît lorsque la récompense immédiate devient tellement attractive qu'elle prend le dessus sur les conséquences à plus long terme.
Chez certaines personnes présentant un TDAH, la recherche de stimulation et les difficultés liées au contrôle des impulsions peuvent rendre certaines récompenses immédiates particulièrement attirantes. Attendre devient alors difficile. J'aborde ce mécanisme plus largement, dans un autre article : addictions, quand le comportement devient une tentative d'apaisement.
TDAH, émotions et impulsivité
La régulation émotionnelle mérite également une attention particulière.
Certaines personnes ayant un TDAH décrivent des émotions très intenses, des changements rapides d'état émotionnel ou des difficultés à retrouver leur calme après une frustration. Dans ce contexte, un comportement addictif peut parfois devenir une réponse automatique à une émotion difficile.
Le mécanisme se construit progressivement.
Une émotion apparaît.
Le comportement procure un soulagement.
Le cerveau apprend que ce comportement permet d'obtenir rapidement quelque chose.
Puis le cycle se répète.
On peut schématiser le mécanisme ainsi :
émotion ou inconfort → envie → comportement → soulagement immédiat → répétition
Comprendre le mécanisme permet de chercher d'autres réponses.
Qu'apporte l'hypnose ?
L'hypnose ne permet pas de « supprimer » un TDAH. Elle ne remplace pas un diagnostic médical ou psychologique et ne constitue pas, à elle seule, un traitement de référence des troubles addictifs.
En revanche, dans le cadre d'un accompagnement global et adapté, elle peut être envisagée comme un outil complémentaire autour de certaines dimensions psychologiques et comportementales.
Le travail peut notamment porter sur :
la prise de conscience des automatismes
la relation aux émotions
la gestion de certaines envies ou impulsions
la confiance en soi
la motivation au changement
la recherche d'autres stratégies d'apaisement
certaines habitudes associées au comportement.
L'objectif est d'apprendre progressivement à créer un espace entre l'envie et l'action.
Et si l'on pouvait créer un espace avant de passer à l'acte ?
C'est dans cet espace que le changement devient possible car nous allons observer ensemble ce qui se passe avant de passer à l'action - une émotion, une pensée, une tension corporelle, une impulsion — Et lorsque nous parvenons à identifier le besoin qui se cache deriière le passage à l'acte, nous pouvons progressivement commencer à introduire d'autres possibilités, d'autres moyens pour y répondre.
Comprendre un automatisme permet de commencer à reprendre de la liberté face à lui.
L'hypnose ne doit pas être présentée comme une solution miracle
C'est un point auquel je tiens particulièrement. Lorsqu'une personne souffre d'une addiction, elle mérite un accompagnement adapté à la réalité de sa situation.
Pour certaines addictions, un suivi médical, psychologique ou spécialisé est indispensable.
L'hypnose peut éventuellement venir en complément.
Cette prudence est importante : accompagner une personne, c'est aussi savoir reconnaître quand une prise en charge complémentaire est nécessaire.
Comprendre plutôt que se juger
Lorsqu'une personne répète un comportement qu'elle aimerait arrêter, elle peut rapidement se juger. La culpabilité ne permet pas de comprendre le mécanisme mais masque les émotions tapies derrière.
Se demander ce qui se passe réellement est beaucoup plus constructif :
À quel moment l'envie apparaît-elle ?
Quelle émotion est présente ?
Qu'est-ce que ce comportement m'apporte immédiatement ?
Que se passe-t-il juste avant ?
Et après ?
Ces observations permettent de commencer à identifier les déclencheurs et les habitudes qui entretiennent le comportement.
Et si le comportement n'était qu'une partie de l'histoire ?
Une addiction ne se peut se résumer au produit ou au comportement. Derrière ce produit ou ce comportement, on trouve de l'anxiété, une souffrance émotionnelle, un sentiment de vide, des difficultés relationnelles, une faible estime de soi ou d'autres problématiques.
Dans le cas d'un TDAH, il peut également être important que le trouble soit correctement identifié et pris en charge lorsqu'il est présent. La HAS souligne d'ailleurs que le TDAH adulte peut s'accompagner de troubles addictifs, mais aussi de troubles anxieux, de troubles de l'humeur et de troubles du sommeil.
Regarder l'ensemble de la situation est primordiale. On ne saurait réduire une personne à son comportement addictif.
Un accompagnement personnalisé
Chaque personne est singulière et donc, une même addiction peut avoir des fonctions très différentes selon les individus. C'est pourquoi un accompagnement ne peut être construit uniquement autour du comportement addictif.
Il est primordiale d'explorer aussi ce qui se joue derrière celui-ci.
Vous vous reconnaissez dans certains de ces mécanismes ?
Si vous avez un TDAH ou vous vous interrogez sur certaines conduites addictives, il est important de ne pas rester seul face à ces difficultés. L'hypnose peut être envisagée comme un accompagnement complémentaire autour des automatismes, des émotions et de la relation à soi. Elle ne saurait remplacer un diagnostic ou un suivi médical spécialisé lorsque celui-ci est nécessaire.
Je vous accueille au Plessis-Robinson, à proximité de Châtenay-Malabry, Sceaux, Antony, Clamart et Fontenay-aux-Roses, ainsi qu'en consultation à distance.
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Lou Cabalery, Hypnothérapeute, Médium, Docteur en Sciences Humaines, formée en psychopathologie et à l'EFT - Emotional Freedom Therapy- et à la thérapie IFS - Système familial intérieur et guérison des traumas.




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